Publié dans BPH en 1ère ST2S, BPH en Tale ST2S

Activité électrique du coeur

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BY = Mme BENHAMZA

I – Technique d’étude de l’activité électrique du coeur

1 – Electrocardiographie

L’électrocardiographie consiste à enregistrer cette activité électrique à l’aide de petites électrodes placées à la surface de la peau. L’enregistrement est réalisé chez un sujet allongé, au repos. Les signaux électriques ainsi captés sont amplifiés et transcrits sous forme de courbes (un électrocardiogramme, ECG) sur une bande de papier, ou affichés sur un écran.

Réalisation d’un ECG chez un patient (Source : Nursingcrivb)

2 – Interprétation d’un ECG

Sur l’ECG, il est observé au cours d’un cycle cardiaque, la présence de 3 éléments :

  • l’onde P engendre la dépolarisation des oreillettes puis à la contraction des oreillettes soit systole auriculaire
  • le complexe QRS conduit à la dépolarisation des ventricules puis à la contraction des ventricules soit systole ventriculaire
  • l’onde T entraîne une repolarisation des ventricules puis au relâchement des oreillettes et des ventricules soit la diastole générale
Représentation d’un cycle cardiaque d’un point de vie électrique

3 – Intérêts d’un ECG

L’électrocardiographe permet de  :

  •  diagnostiquer une anomalie du rythme cardiaque comme une tachycardie, une bradycardie, une arythmie ;
  • diagnostiquer une cardiopathie ischémique comme l’infarctus du myocarde, l’angor ;
  • surveiller l’évolution et le traitement d’une cardiopathie ischémique afin d’éviter une récidive.

Les avantages de cette technique sont que c’est un examen non invasif, sans danger, pouvant être répété et facile à faire d’autant plus qu’il n’existe aucun inconvénient.

Il faut savoir qu’un enregistrement continu et ambulatoire de l’ECG pendant 24 heures est possible. Ce dernier est appelé Holter et permet de diagnostiquer des arythmies ou toute autre cardiopathie visible sur un ECG, survenues au cours des actes de la vie quotidienne.

Holter cardiaque (Source : Wikipedia)

II – Origine histologique de l’automatisme cardiaque : le tissu nodal

1 – Localisation et composition du tissu nodal

Le tissu nodal est un ensemble de 2 types de cellules myocardiques : cardiomyocytes (représentant 99% du myocarde) et les cellules nodales encore appelées cardionectrices (1% du myocarde). Ces 2 types cellulaires sont responsables de l’automatisme cardiaque c’est-à-dire la contraction rythmée sans stimuli.

Les cellules musculaires qui composent le tissu nodal sont réparties en 4 zones (doc 2) :

  • Nœud sinusal est présent dans la paroi de l’oreillette droite au niveau de la veine cave supérieure ;
  • Nœud septal est présent au niveau de l’oreillette droite au dessus de la valve tricuspide ;
  • Faisceau de His prend naissance au niveau du nœud septal puis se divise en deux branches (droite et gauche) pour descendre le long du septum ;
  • Réseau de Purkinje est constitué de ramifications prenant naissance au niveau des branches du faisceau de His pour se propager au niveau de la paroi des ventricules.
Histologie du tissu nodal (Source : vidéo « qu’est-ce que le tissu nodal?« )
Vidéo montrant l’activité électrique du coeur à travers le tissu nodal (Source :
LAURENT MARTORELL – 0min28)

2 – Excitation du tissu nodal

L’excitation se déroule en plusieurs étapes.

  • Les cellules du nœud sinusal (= cellules cardionectrices) génèrent spontanément et régulièrement des potentiels d’action qui se propagent dans les cardiomyocytes des oreillettes et les excitent. Sous l’effet de l’excitation, le myocarde des deux oreillettes se contracte à la même fréquence que les cellules du nœud sinusal : c’est la systole auriculaire.
  • Puis, les potentiels d’action engendrés par les cellules du nœud sinusal se propagent, par le système de conduction constitué par le nœud septal, le faisceau de His et ses branches et le réseau de Purkinje, dans les cardiomyocytes des ventricules et les excitent. Sous l’effet de l’excitation, le myocarde des deux ventricules se contracte à la même fréquence que les cellules du nœud sinusal : c’est la systole ventriculaire.

Il faut savoir que chaque zone du tissu nodal possède son propre rythme de dépolarisation. Pour le nœud sinusal, le rythme de dépolarisation est le plus élevé et c’est lui qui impose son rythme aux autres éléments du tissu nodal (doc 3). Il détermine ainsi la fréquence cardiaque (rythme sinusal). On dit que le nœud sinusal constitue le stimulateur ou « pacemaker » physiologique du cœur. Mais en cas de défaillance de ce dernier, le nœud septal prend le relais et le cœur continu de battre mais à un rythme plus faible.

Ainsi, le tissu nodal possède des propriétés d’automatisme et de conduction : il engendre les excitations initiatrices des contractions cardiaques, et il en assure leur propagation des oreillettes aux ventricules.

Vidéo explicative de l’activité mécanique et électrique du coeur (Source : chaine Youtube de Physiologie Santé – 38min46)