Publié dans BPH en 1ère ST2S, Coeur

Activité mécanique du coeur

Article produit selon les règles de Creative Commons
BY = Mme BENHAMZA

I Techniques d’étude de l’activité cardiaque

Pour étudier l’aspect mécanique du cœur et déceler d’éventuelles anomalies, plusieurs techniques sont possibles comme la cardiographie interne, la phonocardiographie et le stéthoscope.

1 – Cardiographie interne

La cardiographie interne (doc A) est une méthode d’exploration interne permettant d’enregistrer les variations de pressions du sang dans l’oreillette, le ventricule et l’artère aorte ainsi que les variations de volume dans le ventricule. Ces enregistrements sont réalisés grâce à des sondes introduits par cathétérisme.

Techniquement, le médecin utilise un cathéter qui est un dispositif médical composé d’un tube souple et fin permettant d’injecter ou de retirer des fluides. Ce cathéter est muni d’un capteur de pression qui est placé dans une cavité cardiaque par l’intermédiaire des vaisseaux sanguins. Sa progression dans le vaisseau est suivie par examen radiologique.

Pour accéder à l’hémicœur droit, le cathéter est introduit dans la veine humérale au niveau du pli du coude ; il suit le trajet du sang jusqu’à l’oreillette droite, puis au ventricule droit.

Par contre, l’accès à l’hémicœur gauche est plus délicat : le cathéter est introduit dans l’artère fémorale, il est poussé à contre-courant jusqu’au ventricule gauche dans lequel le sang est sous pression. L’oreillette gauche ne peut pas être atteinte, les valves étant abordées dans le mauvais sens. Le tracé obtenu est un cardiogramme.

2 – Phonocardiographie

En ce qui concerne la phonocardiographie (doc A), il s’agit d’une méthode auscultatoire qui nécessite l’emploi d’un stéthoscope muni d’un microphone relié à un dispositif qui enregistre les bruits du cœur. Le tracé obtenu est un phonocardiogramme.

Document A : Etude du cycle cardiaque (Source : Université médicale virtuelle francophone)

II – L’aspect mécanique de la révolution cardiaque

1 Définitions

Tout d’abord, il faut savoir qu’une révolution cardiaque est l’enchaînement d’une systole auriculaire, d’une systole ventriculaire et d’une diastole générale qui se répètent régulièrement et indéfiniment. Ces derniers produisent des variations hémodynamiques c’est-à-dire des variations de volume de sang dans les cavités cardiaques.

Une systole est la phase de contraction du myocarde pendant une révolution cardiaque.

Une diastole générale est une phase de relâchement du myocarde pendant une révolution cardiaque.

2 – Différentes phases d’une révolution cardiaque

L’étude du document A a permis de déterminer les éléments décrits ci-dessous.

  • La systole auriculaire

Dans le cœur et les vaisseaux, le sang circule toujours d’une zone de haute pression vers une zone de basse pression. Ainsi, au repos, le cœur possède :

  • une pression intra-auriculaire supérieure à la pression intra-ventriculaire, c’est pourquoi les valves auriculo-ventriculaires (valve mitrale ou valve bicuspide ou valve tricuspide) restent ouvertes ;
  • une pression intra-ventriculaire inférieure à la pression à l’intérieur des vaisseaux (artère aorte et veines pulmonaires), c’est pourquoi les valves sigmoïdes (valve aortique et valve pulmonaire) restent fermées.

Suite à la contraction des oreillettes (= systole auriculaire), la pression intra-auriculaire augmente. Le sang présent dans les oreillettes passe dans les ventricules : le volume de sang dans les oreillettes diminue mais il augmente dans les ventricules. Le volume ventriculaire devient donc maximal : c’est le volume télédiastolique.

Que se passe-t-il à la deuxième phase de la révolution cardiaque ?

  • La systole ventriculaire

Systole ventriculaire isovolumétrique

Lorsque les oreillettes se relâchent, les ventricules se contractent (= systole ventriculaire) dans la mesure où la pression intra-auriculaire diminue contrairement à la pression intra-ventriculaire. De ce fait, les valves auriculo-ventriculaires (valves mitrale et tricuspide) se ferment ce qui engendre le premier bruit cardiaque dont l’onomatopée est « TOUM ». Ce dernier est un bruit long, fort et résonnant.

Par contre, la pression intra-ventriculaire est toujours inférieure à l’intérieur des vaisseaux (artère aorte et veines pulmonaires), c’est pourquoi les valves sigmoïdes (valve aortique et valve pulmonaire) restent fermées.

Par conséquent, les ventricules se contractent donc à volume constant d’où le terme de « systole ventriculaire isovolumétrique ».

Systole ventriculaire isotonique

Les ventricules continuent à se contracter (= systole ventriculaire). De ce fait, la pression intra-ventriculaire augmente et devient supérieure à celle des vaisseaux (artère aorte et veines pulmonaires), c’est pourquoi les valves sigmoïdes (valve aortique et valve pulmonaire) s’ouvrent. Le sang présent dans les ventricules passe dans la circulation (artère pulmonaire et artère aorte).

Un certain volume de sang est alors propulsé dans l’aorte et le volume minimal de sang restant dans le ventricule droit est appelé volume télésystolique.

Une fois que le cœur se soit contracté, que se passe-t-il ? La diastole générale présente-t-elle deux phases comme la systole ventriculaire ?

  • La diastole générale

Diastole générale isovolumétrique

Les ventricules se relâchent (= diastole générale) dans la mesure où la pression intra-ventriculaire chute et devient rapidement inférieure à celle présent dans les vaisseaux (artère pulmonaire et artère aorte). Cela entraîne la fermeture des valves sigmoïdes (valve aortique et valve pulmonaire). Par ailleurs, cette fermeture engendre le deuxième bruit cardiaque dont l’onomatopée est « TA ». Ce dernier est un bruit bref et sec.

A cette étape, toutes les valves sont fermées. Les ventricules se relâchent donc à volume constant d’où l’emploi des termes de « diastole générale isovolumétrique ». Pendant ce temps, le sang remplit les oreillettes.

Diastole générale isotonique

Les ventricules continuent à se relâcher (= diastole générale) car la pression intra-ventriculaire devient inférieure à la pression intra-auriculaire. Cela entraîne l’ouverture des valves auriculo-ventriculaires (valves mitrale et  tricuspide).

Le sang remplit alors les ventricules à pression constante d’où l’emploi des termes de « diastole générale isotonique ».

Une nouvelle révolution cardiaque est alors possible.

Vidéo descriptive du cycle cardiaque (Source :
Physiologie Santé – 38min46)
Vidéo explicative brève sur l’activité mécanique de la révolution cardiaque (Source : Objectif BAC Hachette – 02 min 19)

3 – Détermination des caractéristiques d’une révolution cardiaques

Plusieurs paramètres caractéristiques de la révolution cardiaque sont définis :

  • fréquence cardiaque (FC) ou rythme cardiaque est le nombre de révolutions cardiaques en une minute et qui est exprimé en battements par minutes (bpm), elle est comprise entre 60 et 80 bpm chez un adulte sain au repos et peut être mesurée par divers enregistrements graphique (cardiogramme, phonocardiogramme, etc.) ;
  • volume d’éjection systolique (VES) est le volume de sang expulsé par un ventricule dans l’artère à chaque systole et qui est exprimé en litre (L) ou millilitre (mL), elle est de l’ordre de 80 mL chez un adulte sain au repos ;
  • débit cardiaque (DC) est le volume de sang éjecté par minute par chaque ventricule et qui est exprimé en millilitre par minute (mL/min) ou en litre par minute (L/min), elle est de l’ordre de 6 000 mL/min ou 6 L/min.

Formules permettant de calculer chacun de ces paramètres :

  • FC = (nombre de révolution cardiaque x 60) / temps d’enregistrement en seconde
  • VES = volume télédiastoliqe – volume télésystolique
  • DC = FC x VES

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Activité électrique du coeur

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BY = Mme BENHAMZA

I – Technique d’étude de l’activité électrique du coeur

1 – Electrocardiographie

L’électrocardiographie consiste à enregistrer cette activité électrique à l’aide de petites électrodes placées à la surface de la peau. L’enregistrement est réalisé chez un sujet allongé, au repos. Les signaux électriques ainsi captés sont amplifiés et transcrits sous forme de courbes (un électrocardiogramme, ECG) sur une bande de papier, ou affichés sur un écran.

Réalisation d’un ECG chez un patient (Source : Nursingcrivb)

2 – Interprétation d’un ECG

Sur l’ECG, il est observé au cours d’un cycle cardiaque, la présence de 3 éléments :

  • l’onde P engendre la dépolarisation des oreillettes puis à la contraction des oreillettes soit systole auriculaire
  • le complexe QRS conduit à la dépolarisation des ventricules puis à la contraction des ventricules soit systole ventriculaire
  • l’onde T entraîne une repolarisation des ventricules puis au relâchement des oreillettes et des ventricules soit la diastole générale
Représentation d’un cycle cardiaque d’un point de vie électrique

3 – Intérêts d’un ECG

L’électrocardiographe permet de  :

  •  diagnostiquer une anomalie du rythme cardiaque comme une tachycardie, une bradycardie, une arythmie ;
  • diagnostiquer une cardiopathie ischémique comme l’infarctus du myocarde, l’angor ;
  • surveiller l’évolution et le traitement d’une cardiopathie ischémique afin d’éviter une récidive.

Les avantages de cette technique sont que c’est un examen non invasif, sans danger, pouvant être répété et facile à faire d’autant plus qu’il n’existe aucun inconvénient.

Il faut savoir qu’un enregistrement continu et ambulatoire de l’ECG pendant 24 heures est possible. Ce dernier est appelé Holter et permet de diagnostiquer des arythmies ou toute autre cardiopathie visible sur un ECG, survenues au cours des actes de la vie quotidienne.

Holter cardiaque (Source : Wikipedia)

II – Origine histologique de l’automatisme cardiaque : le tissu nodal

1 – Localisation et composition du tissu nodal

Le tissu nodal est un ensemble de 2 types de cellules myocardiques : cardiomyocytes (représentant 99% du myocarde) et les cellules nodales encore appelées cardionectrices (1% du myocarde). Ces 2 types cellulaires sont responsables de l’automatisme cardiaque c’est-à-dire la contraction rythmée sans stimuli.

Les cellules musculaires qui composent le tissu nodal sont réparties en 4 zones (doc 2) :

  • Nœud sinusal est présent dans la paroi de l’oreillette droite au niveau de la veine cave supérieure ;
  • Nœud septal est présent au niveau de l’oreillette droite au dessus de la valve tricuspide ;
  • Faisceau de His prend naissance au niveau du nœud septal puis se divise en deux branches (droite et gauche) pour descendre le long du septum ;
  • Réseau de Purkinje est constitué de ramifications prenant naissance au niveau des branches du faisceau de His pour se propager au niveau de la paroi des ventricules.
Histologie du tissu nodal (Source : vidéo « qu’est-ce que le tissu nodal?« )
Vidéo montrant l’activité électrique du coeur à travers le tissu nodal (Source :
LAURENT MARTORELL – 0min28)

2 – Excitation du tissu nodal

L’excitation se déroule en plusieurs étapes.

  • Les cellules du nœud sinusal (= cellules cardionectrices) génèrent spontanément et régulièrement des potentiels d’action qui se propagent dans les cardiomyocytes des oreillettes et les excitent. Sous l’effet de l’excitation, le myocarde des deux oreillettes se contracte à la même fréquence que les cellules du nœud sinusal : c’est la systole auriculaire.
  • Puis, les potentiels d’action engendrés par les cellules du nœud sinusal se propagent, par le système de conduction constitué par le nœud septal, le faisceau de His et ses branches et le réseau de Purkinje, dans les cardiomyocytes des ventricules et les excitent. Sous l’effet de l’excitation, le myocarde des deux ventricules se contracte à la même fréquence que les cellules du nœud sinusal : c’est la systole ventriculaire.

Il faut savoir que chaque zone du tissu nodal possède son propre rythme de dépolarisation. Pour le nœud sinusal, le rythme de dépolarisation est le plus élevé et c’est lui qui impose son rythme aux autres éléments du tissu nodal (doc 3). Il détermine ainsi la fréquence cardiaque (rythme sinusal). On dit que le nœud sinusal constitue le stimulateur ou « pacemaker » physiologique du cœur. Mais en cas de défaillance de ce dernier, le nœud septal prend le relais et le cœur continu de battre mais à un rythme plus faible.

Ainsi, le tissu nodal possède des propriétés d’automatisme et de conduction : il engendre les excitations initiatrices des contractions cardiaques, et il en assure leur propagation des oreillettes aux ventricules.

Vidéo explicative de l’activité mécanique et électrique du coeur (Source : chaine Youtube de Physiologie Santé – 38min46)
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Coeur et Poumon

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BY = Mme BENHAMZA

Quelle est l’anatomie du cœur et des poumons ?

I. Etude anatomique du coeur 

Le cœur est un organe situé dans le médiastin et il est composé de myocarde (muscle). Il est entouré d’une séreuse : le péricarde.

Le cœur est formé de deux parties appelées hémicoeur droit et hémicoeur gauche séparés par le septum. Chaque hémicoeur comporte une cavité supérieure appelés oreillette et une cavité inférieure nommée ventricule. Entre l’oreillette et le ventricule, il y a des valves.

En ce qui concerne les valves séparant l’oreillette gauche et le ventricule gauche, il y a la valve auriculo-ventriculaire gauche encore appelée valve mitrale ou valve bicuspide. Entre l’aorte et la cavité ventriculaire gauche, il y a la valve sigmoïde aortique.

En ce qui concerne les valves séparant l’oreillette droite et le ventricule droit, il y a la valve auriculo-ventriculaire droit encore appelée valve tricuspide. Entre l’aorte et la cavité ventriculaire gauche, il y a la valve sigmoïde pulmonaire.

II. Etude anatomique des poumons

Il y a 2 poumons dans la cavité thoracique. Chaque poumon est divisé en lobes pulmonaires : 2 lobes pour le poumon gauche et 3 lobes pour le droit. Les poumons sont enveloppés par une séreuse appelée la plèvre.

Les voies aériennes supérieures sont composées dans l’ordre des fosses nasales, la cavité buccale, le pharynx et le larynx.

Les voies aériennes inférieures sont composées dans l’ordre de la trachée et de l’arbre bronchique (bronche souche, bronches lobaires, bronchioles, bronchioles terminales, alvéoles pulmonaires encore appelée sac alvéolaire).

III. Relation entre cœur et poumon

Les poumons sont vascularisés de par le fait qu’il s’agisse d’un organe nécessitant l’apport de nutriments. Par ailleurs, les poumons renouvellent le sang non hématosé reçu par le cœur afin qu’il devienne un sang hématosé.

Le cœur envoie à travers l’artère aorte puis les artères bronchiques du sang hématosé jusqu’aux bronches. Puis, les déchets dont le dioxyde de carbone sont déversés dans le sang pour devenir du sang non hématosé et quitter les poumons pour le cœur à travers les veines bronchiques puis la veine cave supérieure. C’est la circulation systémique ou grande circulation.

Par contre, le cœur renvoie le non hématosé au poumon à travers les artères pulmonaires puis les artérioles pulmonaires et les capillaires pulmonaires au niveau de la zone respiratoire à savoir au niveau des bronchioles respiratoires et des alvéoles pulmonaires. Des échanges gazeux ont lieu au niveau des alvéoles pulmonaires et permettent d’avoir du sang hématosé. Ce dernier sera envoyé au cœur à travers les veinules pulmonaires. C’est la circulation pulmonaire ou petite circulation.